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L'Activité Physique Adaptée (APA) au coeur des rencontres du Sénat

( 20/11/2023 )

L'Activité Physique Adaptée (APA) au coeur des rencontres du Sénat

La 16ème rencontre de Santé Respiratoire France, présidée par le Dr Frédéric le Guillou, s'est tenue le 17 novembre 2023 au Sénat, à Paris, avec pour thème ‘’Bouger pour mieux respirer’’. La FFAAIR y était représentée par Marie Henriot, Présidente de Paris BPCO.

Cette demi-journée a eu lieu, comme chaque année depuis sa création, dans les bâtiments du Sénat. Les débats, animés par le Dr Damien Mascret, journaliste Télé bien connu, ont permis de mettre en lumière les enjeux de l’Activité Physique et de l’activité Physique Adaptée (APA), aussi bien pour les patients vivant avec une maladie respiratoire qu’en prévention pour toute la population. La veille de la rencontre, les sénateurs ont voté une simple expérimentation de parcours de santé, intégrant l'APA pour les patients cancéreux dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2024. 

Le GuillouEn introduction à la rencontre, Frédéric Le Guillou, a décliné les quatre propositions issues des réflexions menées  par l'ensemble des acteurs de l'association :

  • inclure l'APA dans le parcours de soin pour les personnes vivant avec une maladie respiratoire chronique
  • accompagner la sortie de réadaptation respiratoire pour favoriser le maintien des acquis et ancrer durablement l'activité physique dans les pratiques
  • encourager la prescription de l'APA par les médecins et les professionnels de santé habilités
  • mettre en place un financement pérenne et responsable de l'APA dans le parcours de soins pour les patients atteints de pathologies chroniques.

Une enquête de l'association menée auprès de 568 patients respiratoires chroniques, montre que seulement un peu plus d'un quart (27%) pratiquent une activité physique au moins 30 minutes par jour et 44% n'ont jamais entendu parler de l'APA. Pourtant, 88% considèrent l'activité physique comme bénéfique et sans danger. c'est dire l'ampleur du chemin à parcourir et les réformes à promouvoir pour y parvenir. Un constat largement partagé par les intervenants qui se sont succédé à la tribune. point positif : pour les patients interrogés, les principaux leviers sont la prescription de l'APA par un médecin, ce qui serait incitatif pour 88% des répondants, le remboursement par l'assurance maladie pour 87%, le référencement des enseignants APA dans chaque club de sport pour 86% ainsi que l'intervention d'un enseignant à domicile pour 84%.

Accompagner la démarche

Comment faire bouger les jeunes et les moins jeunes quand on sait que, selon une étude, les adolescents ont perdu 25% de capacité respiratoire en 40 ans ? Il s'agit, à souligné Catherine Grenier, directrice des assurés à la Caisse nationale d'Assurance-maladie, d'engager des modifications durables de comportement de la population. "Un des enjeux majeurs est sans doute de faire comprendre à chacun son intérêt à agir pour sa santé.". L'activité physique adaptée y participe incontestablement. Encore faut-il que la prise de conscience soit opérée et que les malades chroniques s'y engagent. Un soutien psychologique doit également accompagner la démarche, car il n'est pas facile d'apprendre que l'on a une maladie chronique, un handicap qui réduit notre espérance de vie. "L'accompagnement multi-professionnel est important à cet égard et il nous appartient de l'organiser", a précisé la directrice. 

La prévention, un objectif majeur
Agnès Firmin Le Bodo
"L’activité physique est un outil majeur de promotion et de prévention en santé, a fait savoir Agnès Firmin Le Bodo, ministre délégué auprès du ministre de la Santé, chargée de l’organisation territoriale et des professions de santé. La prévention est une exigence et un objectif majeur inscrit au cœur de l’agenda des mesures que je suis, avec le ministère de la santé et de la prévention, déterminée à mettre en œuvre." Oui, il nous faut accroitre le recours à l’APA. C’est une nécessité pour améliorer la qualité de vie des personnes soignées de cancer comme de tant d’autres maladies chroniques, notamment respiratoires. C’est le sens des travaux que nous menons dans le cadre de la loi de Financement de la Sécurité sociale 2024."